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École et prévention des addictions : des citoyens donnent leur avis
10.07.17
Ecole et prévention des addictions : des citoyens donnent leur avis

Fin juin, 15 Français ont remis à la Mildeca leur avis sur le rôle de l’école dans la prévention des conduites addictives chez les jeunes, à l’issue d’un atelier citoyen organisé par le SGMAP.

L’école doit-elle intégrer dans ses enseignements la prévention des conduites addictives (alcool, tabac, drogue, écran) ? C’est sur cette question que 15 Français ont été formés et interrogés dans le cadre d’un atelier citoyen, un dispositif de démocratie participative créé par le SGMAP. Les citoyens ont restitué officiellement leur avis mercredi 28 juin au commanditaire, la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca). Les résultats de leurs travaux intègrent ainsi la réflexion gouvernementale sur le sujet, en vue de la construction du plan 2017-2020 contre les drogues et les conduites addictives, à paraître au 4e trimestre 2017.
 

Formés en groupe et en ligne

Hommes et femmes, d’âges et d’origines géographique et socioprofessionnelle divers, les 15 citoyens ont forgé leur conviction au cours de deux week-ends en groupe, en mars et avril derniers, complétés par des vidéos et échanges en ligne. Ensemble, ils ont audité de nombreux spécialistes aux points de vue variés et parfois contradictoires : enseignants, chercheurs, experts en sciences de l’éducation, proviseur de collège, épidémiologistes, médecins, psychologues, représentant de parents d’élèves…

Les interventions ont couvert l’ensemble des facettes du sujet. Après une présentation de l’addiction, en particulier chez les jeunes, et de la prévention, ses différentes approches et ses acteurs, le cœur des débats a porté sur le rôle de l’école en matière de prévention des conduites addictives. Le parcours éducatif de santé mis en place à la rentrée 2016 est-il une réponse suffisante ? Le développement des compétences psychosociales – savoir-être, confiance en soi, résistance à la pression du groupe… – est aujourd’hui reconnu comme un levier efficace. Quels sont la place et le rôle du corps éducatif sur le sujet ?
 

Les citoyens proposent deux scénarios

A l’issue d’une délibération collective, les citoyens ont conclu qu’il leur paraissait « fondamental que l’école intègre davantage les compétences psychosociales dans la prévention ». Ils ont élaboré deux scénarios afin de tendre vers cette voie. Dans l’approche qu’ils qualifient d’idéale, ils préconisent de former les enseignants dès leur cursus initial au développement de ces compétences chez les enfants, associé à une méthode de sécurisation et de valorisation de leurs élèves. Les citoyens proposent « de développer des écoles pilotes "made in France" qui s’appuieraient sur des méthodes créatives respectant nos valeurs et tenant compte des différences régionales et locales ». Cette démarche permettrait « de valider l’efficacité de la méthode et ainsi de la développer sur le territoire entier. »

Comme le prévoit le dispositif des ateliers citoyens, l’administration devra présenter aux participants les suites données à leur avis.

> Consulter l’avis des citoyens

Qu’est-ce qu’un atelier citoyen ?

Créé par le secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP) en 2015, l’atelier citoyen relève d’une méthodologie stricte, encadrée par un partenariat avec la commission nationale du débat public (CNDP). Inspiré des conférences de citoyens, le dispositif permet de recueillir l’avis de Français sur une question précise à fort enjeu, pour alimenter la réflexion du Gouvernement, avant qu’une décision politique ne soit prise.

Un panel de 15 à 20 citoyens est constitué de façon à représenter la diversité sociodémographique (âge, sexe, origines socioprofessionnelle et géographique…). Initialement profanes sur le sujet, ils sont formés à la problématique à travers l’audition d’experts aux points de vue pluriels, voire contradictoires. A l’issue de leurs travaux, ils rédigent leur avis en prenant en compte l’ensemble des sensibilités au sein du groupe ; le consensus n’est pas recherché.

Un premier atelier citoyen avait été organisé en mai et juin 2016 sur la mise à disposition et l’usage des données de santé.

> Plus d’informations sur le dispositif de l’atelier citoyen

> Découvrir en vidéo les coulisses du premier atelier citoyen sur le big data en santé

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