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L'action publique se transforme

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Évaluation des politiques publiques : pour une meilleure utilisation dans un monde de plus en plus complexe
07.10.15

La conférence « Pour une meilleure utilisation des évaluations dans un monde de plus en plus complexe » a rassemblé, mercredi 30 septembre à l’Unesco, près de 180 décideurs et praticiens de l’évaluation. Ensemble, ils ont engagé une discussion sur l’utilisation et l’impact des évaluations ainsi que les moyens de promouvoir la démarche.

L’évaluation des politiques publiques suscite aujourd’hui un intérêt croissant dans le monde. En cette année internationale de l’évaluation, l’UNESCO, l’OCDE et les sociétés française et européenne de l’évaluation ont organisé conjointement, mercredi 30 septembre, une conférence pour réfléchir à une meilleure utilisation des évaluations dans un monde de plus en plus complexe.

Après un passage au Panama et avant de rejoindre le Maroc, c’est à Paris, au siège de l’UNESCO, que la flamme de l’année internationale de l’évaluation a fait une halte à l’occasion de la conférence.

 

Renforcer les capacités d’évaluation

L’institutionnalisation de l’évaluation progresse. A l’image de Marco Segone, président du groupe des Nations-Unies pour l’évaluation, de nombreux intervenants ont souligné la nécessité de renforcer les capacités d’évaluation des différents acteurs institutionnels nationaux et internationaux. Au sein de l’UNESCO, l’Agenda 2030 prévoit désormais d’accompagner l’ensemble de ses programmes d’un mécanisme de suivi et d’évaluation : « Grâce aux efforts de l’UNESCO, l’évaluation est présente partout », a précisé Marco Segone. 
 

Développer une culture de l’évaluation prend du temps »

Mais, sur le plan international, des freins subsistent au développement de l’évaluation : manque de confiance des décideurs dans la démarche, difficultés pour mettre en œuvre les recommandations, faiblesse de l’expertise en évaluation pour certains pays en voie de développement…  « Dans le monde, seuls 3 % des politiques publiques font aujourd’hui l’objet d’une évaluation », a rappelé Elliott Stern, ancien président de la société européenne de l’évaluation. D’où l’importance d’un changement dans les pratiques et les mentalités afin de promouvoir la démarche : « Développer une culture de l’évaluation prend du temps », a-t-il poursuivi. « Il ne suffit pas d’introduire une obligation d’évaluation. »
 

Impliquer l’ensemble des parties prenantes

Pour assurer le développement de la culture évaluative, « il est important que les évaluations impliquent les parties prenantes : tous les acteurs du domaine concerné, y compris les bénéficiaires », a insisté Gautier Mignot, directeur général adjoint de la mondialisation au ministère des Affaires étrangères. Ce dernier a salué la mise en place de dispositifs d’évaluation tels que celui mené par le SGMAP dans le cadre de la modernisation de l’action publique.
 

Éclairer la prise de décision

L’utilité des évaluations a été affirmée tout au long de cette journée de conférence. Tandis que l’équilibre entre rendre des comptes et produire des connaissances est parfois délicat à trouver, la nécessité de disposer de données probantes pour éclairer la prise de décision est aujourd’hui largement reconnue. Annika Markovic, ambassadrice de Suède auprès de l’OCDE et de l’UNESCO a souligné à cet égard l’importance d’orienter les évaluations vers l’aide à la décision : « Lorsque les recommandations sont concrètes, brèves et spécifiques, le choix est plus facile pour les décideurs politiques ». Les différents échanges ont ainsi démontré l’importance de renforcer le lien entre évaluation, décision et mise en œuvre.
 

Une démarche démocratique et transparente

L’évaluation constitue également un véritable exercice de démocratie et de bonne gouvernance, susceptible de restaurer la confiance des citoyens et d’améliorer le sens de l’action publique. « Il faut réaffirmer la place de l’évaluation dans le projet démocratique », a souligné Laure de la Bretèche, secrétaire générale pour la modernisation de l’action publique (SGMAP). « Notre travail par l’évaluation, l’ouverture des données, la promotion de l’innovation permet de construire une société plus transparente et participe d’un projet plus inclusif. » Cette nécessité d’une action publique plus transparente, a-t-elle rappelé, s’est traduite en France par l’adhésion au Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO), suivie de l’adoption d’un premier plan d’action dans lequel la France s’engage notamment à ouvrir l’accès aux évaluations de politiques publiques et à leurs conclusions.

« Le processus d’évaluation doit être transparent afin que son impact soit plus fort », a renchéri le président du comité d’évaluation de l’OCDE, Nick Bridge. « Il faut qu’il y ait des communications claires sur les mises en œuvre des évaluations et que leurs résultats soient utilisables directement. »

 

>> Découvrez et suivez l’ensemble des évaluations de politiques publiques menées dans le cadre de la modernisation de l’action publique

 

Photo © UNESCO/P. Chiang-Joo; PILAR

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