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La Semaine de l'innovation publique

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Innovation participative : la gendarmerie nationale et le groupe Airbus montrent l'exemple
06.12.16
Innovation participative: la gendarmerie nationale et le groupe Airbus montrent l'exemple

A l'occasion de la Semaine de l'innovation publique, la gendarmerie nationale et le groupe Airbus ont témoigné lors d’un After de la transformation des approches mises en place pour collecter les bonnes idées et leur donner corps. Elles ont débouché sur des réalisations opérationnelles, comme l'application GendLoc pour localiser les personnes en situation d'urgence, ou les pseudo-satellites.

L'innovation participative s'illustre aussi bien dans les secteurs public que privé. La gendarmerie nationale et le groupe Airbus témoignaient jeudi 18 novembre lors d'un After de la transformation, rendez-vous mensuel organisé par la direction interministérielle pour l’accompagnement des transformations (DIAT) du secrétariat général pour la modernisation de l'action publique (SGMAP). Cette cinquième édition, intitulée Regards croisés privé/public sur l'innovation, avait pris place dans la Semaine de l'innovation publique. Elle était co-organisée avec le Club des Paris des directeurs de l'innovation.

After de la transformation : rappel des précédents épisodes

Le 15 décembre se tiendra le prochain After de la transformation consacré au parcours des usagers dans les services publics. Rappel des thématiques développées au cours des derniers mois, en 2016 :

  • Juin : le nudge, une méthode pour modifier en douceur les comportements
  • Juillet : le design des politiques publiques appliqué à la Bibliothèque nationale de France (BnF)
  • Septembre : le lean management dans l'administration, avec le retour d'expérience de deux services publics qui ont mené ce type de démarche
  • Octobre : l'écoute des usagers avec un zoom sur l'enquête de satisfaction
  • Novembre : regards croisés public/privé sur l'innovation

 

Hormis leurs effectifs (plus de 100 000 personnes), les profils des deux organisations sont dissemblables : administration séculaire d'un côté, industriel devenu un des leaders mondiaux en l'espace de 40 ans de l'autre. Leurs approches de l'innovation se rejoignent pourtant sur de nombreux points. « Le secteur public utilise des méthodes venues du privé, comme le fonctionnement en mode startup ou le design de services, pour faire aboutir des idées », a rappelé en introduction Virginie Madelin, directrice interministérielle pour l'accompagnement des transformations publiques.
 

Un premier hackathon organisé par la gendarmerie nationale

La gendarmerie nationale a une longue pratique de la remontée d'idées du terrain. « Chaque personnel de la gendarmerie, quel que soit son grade ou sa fonction est potentiellement un innovateur », a souligné le lieutenant-colonel Frédéric Huguet de la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN). Dernièrement, un défi participatif a été lancé pour identifier des réponses aux menaces que font peser les drones sur la sécurité publique. Il a permis de récolter 120 idées, de toutes natures.


 

Cette culture de l'innovation participe s'ouvre également à des partenaires. En avril dernier, la Gendarmerie nationale a organisé son premier hackathon, avec l'Agence du patrimoine immatériel de l'Etat (APIE) et le soutien de six écoles d'ingénieurs. « Un gendarme avait développé une application destinée à localiser les personnes en situation d'urgence. Elle était fonctionnelle, mais elle pouvait être améliorée », a relaté Frédéric Huguet. Les travaux, qui ont associé des étudiants et des professionnels des secours, ont permis de peaufiner l'application Gendloc, accessible en ligne. Un atelier de conceptualisation organisé pendant la Semaine de l'innovation publique 2015, réunissant agents, étudiants, développeurs et designers, avait déjà permis d'en imaginer les usages et d'en améliorer les fonctionnalités.

 

Les ateliers de performance : un dispositif bien rôdé

Le dispositif mis en place à la gendarmerie nationale couvre les différents étapes du processus d'innovation : depuis la collecte des idées et l'appui aux suggestions jusqu'à leur traduction opérationnelle. Il s'appuie notamment sur « les ateliers de performance », qui visent à découvrir et généraliser des bonnes pratiques, c'est-à-dire des idées qui sont déjà appliquées localement, comme l'application GendLoc.

En pratique, des fiches descriptives sont déposées dans un wiki et font l'objet d'une sélection lors de deux assises - une première réunissant des porteurs de projet à l'origine de bonnes pratiques et une seconde constituée de personnels de la gendarmerie, de toutes unités et tous grades - avant d'être soumises pour validation à la direction générale. Les bénéfices des ateliers de performance sont multiples et tangibles : gains de temps au quotidien, capitalisation des expériences, contribution à la maîtrise du budget... La gendarmerie nationale estime économiser chaque année entre 1 et 3 millions d'euros pour un investissement initial de 25 000 euros.
 

Bilan chiffré des ateliers de performance

1200
bonnes pratiques proposées

550
bonne pratiques retenues

10%
sont généralisées
à toute la gendarmerie

Airbus mise sur l'innovation entrepreneuriale

Le groupe Airbus n'a d'autre choix que de continuer à innover pour conserver des positions menacées par l'arrivée de nouveaux challengers. Des startups aux moyens financiers considérables se positionnent dans le domaine spatial (lancement de fusées) et le transport aéronautique (avion supersonique, transport de voyageurs par drones). « Il nous faut arriver à faire coexister la R&D programmatique, ou incrémentale, et l'innovation entrepreneuriale, qui fait émerger des concepts disruptifs », a explicité Denis Gardin (photo), vice-président senior New Technology Ventures d'Airbus Group.

La première nécessite une organisation et des processus robustes, la seconde, lancée il y a une dizaine d'années, implique, outre une vision et un sponsoring du top management, un changement de culture, d'état d'esprit et un nouveau mode de management qui met en avant l'agilité, le droit à l'erreur, l'ouverture et l'entrepreneuriat.
 

Les pseudo-satellites, une idée venue de l'extérieur

Des réseaux et des pratiques d'innovation sont aujourd'hui déployés dans chaque service. Le groupe s'est, en outre, doté d'un système d'idéation, auquel 10 000 collaborateurs ont déjà participé. Il s'est doté de FabLab pour réaliser des prototypes et donner corps plus rapidement aux idées et il a étendu ses pratiques d'innovation ouverte en ouvrant des BizLabs, qui organisent des challenges et mettent à disposition des espaces accueillant des startups et des intrapreneurs.

Cette innovation ouverte et participative a débouché, par exemple, sur un programme de pseudo-satellites, des drones alimentés par des panneaux solaires et positionnés à très haute altitude. Denis Gardin a résumé cette histoire : « C'est un sujet issu d'une contribution extérieure qui ne rentrait pas initialement dans la stratégie du groupe. Elle est aujourd'hui transférée dans notre cœur d'activité. »
 

Valoriser les innovateurs

L'accompagnement des innovateurs tout au long de leur parcours est une condition essentielle de réussite. La gendarmerie nationale et le groupe Airbus insistent sur l'importance de valoriser les porteurs d'innovation. Leur rôle est mis en avant lors de cérémonies au cours desquelles les lauréats sont récompensés et félicités par la direction générale. Reconnaissance et récompenses sont deux des carburants de l'innovation participative.
 

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