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Documentation

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Étude sur les représentations de la culture
31.03.17

Dans le cadre de l'évaluation de la politique publique de démocratisation culturelle, le SGMAP a commandé à l'institut BVA une étude qualitative sur les représentations de la culture concernant des publics et des territoires peu ou pas usagers de l’offre culturelle traditionnelle (théâtre, musées, médiathèques, etc...). Sous la forme de réunions de groupes et d'entretiens individuels, l'enquête s'est centrée sur les jeunes de 18 à 25 ans et les adultes à partir de 26 ans au revenu inférieur ou égal au salaire médian (en revenus et au diplôme inférieur à bac +2).

Conclusions de l'enquête

Tout porte à croire que la culture s’avère plus ou moins distanciante pour une grande majorité des cibles de l'étude.

La culture sous sa forme classique ne fait pas partie de la vie des personnes rencontrées, sauf exception notable et souvent du fait d’un « héritage » culturel. En effet, leur temps, notamment pour les CSP-, est mobilisé à d’autres priorités (chercher du travail, subvenir à ses besoins, le cas échéant se divertir). Dans ce cadre, la culture est secondarisée : elle ne revêt pas une notion d’urgence.

Si les attributs de la culture sont vastes et idéalisés… globalement, elle renvoie à une dimension pesante, intellectuelle, académique, ennuyante… c’est-à-dire à l’absence de divertissement dans une société qui ne prône que cela.

Les expressions de la culture sont toujours considérées comme classiques (musée, théâtre…). Les formes plus modernes ou moins conventionnelles (hip hop, techno, culture populaire) ne semblent pas encore considérée comme faisant partie du champ culturel à part entière pour les personnes rencontrées : tout se passe comme si seul l’ancrage historique était à même de définir la qualité culturelle d’un champ d’expression.

La pratique culturelle renvoie par ailleurs toujours à l’extérieur : les pratiques domestiques ne sont pas ou peu identifiées à la pratique culturelle.

Le territoire joue un rôle important dans la pratique / non pratique d’activités culturelles avec des offres locales souvent jugées trop classiques et peu renouvelées, et des habitants qui peuvent dès lors avoir le sentiment que la culture plus divertissante se passe « ailleurs ».

Dans ce contexte, de nombreux freins existent à la pratique culturelle (qui parfois résonnent comme des « excuses » pour se dédouaner de ne pas fréquenter l’offre classique) : l’absence de temps, l’absence d’argent, l’absence de codes, la solitude, l’absence d’identification des événements, une programmation vieillissante… Reste que, le frein majeur semble être un sentiment d’illégitimité intériorisé et entretenu par la manière dont la culture se présente à eux sur leurs territoires.

Néanmoins, des leviers à la pratique culturelle existent. La pratique d’activités culturelles est favorisée par un ensemble de « facilitateurs » qu’ils soient sociaux ou financiers qui doivent être davantage pris en compte dans les politiques publiques et encouragés.

Il convient par ailleurs de sortir du cadre de la pure activité, mais de penser également à tous les à-côtés qu’elle sous-tend : Comment intégrer l’activité dans une « sortie agréable » pour inciter à sa pratique ? Comment rendre la sortie agréable en développant de nouveaux équipements ?

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